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« La Caste des chastes » : comment le célibat obligatoire des prêtres pervertit l’Eglise

« La Caste des chastes » : comment le célibat obligatoire des prêtres pervertit l’Eglise

Dans un essai sans concession, le sociologue italien Marco Marzano analyse le rapport des prêtres à leur intimité. Il dénonce une institution rendue « schizophrène » par l’exigence de chasteté, et au sein de laquelle la sexualité est omniprésente, mais cachée.

Par Benjamin Sèze

Publié aujourd’hui à 05h00 

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Livre. Pourquoi, par trois fois, adolescent puis adulte, Marco Marzano s’est-il retrouvé, de façon fortuite et non désirée, avec la main d’un prêtre sur sa cuisse ? Comment des membres du clergé ont-ils pu commettre des abus sexuels pendant cinquante ans et sur des dizaines de jeunes au sein du chœur de la cathédrale de Ratisbonne, en Allemagne ? Ces questions sont parmi celles au point de départ de l’enquête menée par l’Italien Marco Marzano dans son ouvrage La Caste des chastes. Les prêtres, le sexe et l’amour.

 

Professeur de sociologie à l’université de Bergame, ayant suivi une scolarité dans des établissements catholiques, Marco Marzano ne souscrit pas à l’idée « trop simpliste » selon laquelle « dans l’Eglise se cachent de dangereux pervers sexuels, des pommes pourries, dont les crimes sont souvent couverts par des supérieurs désireux avant tout d’éviter qu’éclatent des scandales ». Le mal ne serait-il pas plus profond ?, s’interroge-t-il. Ne serait-il pas intrinsèque à la « culture ecclésiale », à la façon dont les prêtres catholiques sont éduqués au sein des séminaires, à la manière dont ils vivent leur sexualité et leur affectivité pendant et après leurs années de formation ?

« Immaturité sexuelle »

Sans chercher à atténuer la responsabilité individuelle des auteurs d’abus sexuels et de ceux qui les couvrent, il interroge le fonctionnement du système clérical et se demande dans quelle mesure celui-ci contribue à générer ces abus. Pour répondre à ces questions, le sociologue mêle sa rigueur universitaire et sa sensibilité. Le résultat est un constat accablant, que viennent nourrir des dizaines de témoignages de prêtres italiens rencontrés au cours de sa recherche.

Pour Marco Marzano, si l’Eglise catholique s’arc-boute sur le célibat et la chasteté de ses « fonctionnaires », c’est avant tout pour préserver son pouvoir. Car ces deux exigences garantissent, d’une part, la sujétion des prêtres à l’institution et, d’autre part, l’image d’« êtres supérieurs » dont ils jouissent aux yeux de la masse des fidèles qui acceptent ainsi de leur obéir.

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Le sociologue décrit ensuite une institution schizophrène au sein de laquelle le principe se heurte en permanence à la réalité. Interdite, la sexualité, qu’elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle, est pourtant omniprésente dans l’esprit et la pratique de nombre de prêtres et séminaristes. La hiérarchie ecclésiale, elle, ferme les yeux à condition que cette sexualité reste cachée. Selon Marco Marzano, cette « hypocrisie » institutionnelle nourrit chez certains prêtres « une vision des règles morales comme une chose à ne respecter que formellement et en public ».

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