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Enfer, purgatoire, paradis : comment Dante et sa « Divine Comédie » ont modelé l’imaginaire de l’Occident

Enfer, purgatoire, paradis : comment Dante et sa « Divine Comédie » ont modelé l’imaginaire de l’Occident

Mort en 1321, le poète florentin Dante Alighieri a produit une œuvre à l’influence monumentale qui a façonné l’imaginaire occidental de l’au-delà, en particulier notre vision de l’enfer et celle d’un purgatoire alors naissant.

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Publié le 03 octobre 2021 à 04h27 - Mis à jour le 03 octobre 2021 à 14h40 

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« La Barque de Dante » ou « Dante et Virgile aux enfers » (1822), par Eugène Delacroix, Musée du Louvre, Paris.
« La Barque de Dante » ou « Dante et Virgile aux enfers » (1822), par Eugène Delacroix, Musée du Louvre, Paris. WIKIPEDIA

Il existe un lien insolite entre le nom du groupe de musique électronique Nine Circles, le film Behemoth, du réalisateur chinois Zhao Liang (2015), et l’univers terrifiant du jeu vidéo Resident Evil : Revelations. Une convergence souterraine, qui remonte à un poème du XIVe siècle : La Divine Comédie, à laquelle Dante Alighieri (1265-1321) a consacré les deux dernières décennies de sa vie. Tous trois puisent leurs références dans cette œuvre qui expose, en trois cantiques que sont EnferPurgatoire et Paradis, une traversée de l’au-delà dont la colossale influence est documentée par l’étonnant projet Dante Today.

Depuis 2006, ce site tenu par des spécialistes américains archive toutes les références à Dante dans la culture populaire contemporaine. Ghana, Chili, Irak, Vietnam, Islande : les mentions, qui se comptent en milliers, dessinent une cartographie planétaire de l’aura du poète florentin. Comme si, sept siècles après sa mort, le 14 septembre 1321, toute représentation de l’au-delà demeurait inévitablement aimantée par la puissance d’évocation de ses 14 233 hendécasyllabes.

 
 
 
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D’une ambition immense, cette œuvre, qui synthétise toute la culture européenne – antique et chrétienne – à travers le voyage de Dante dans les trois mondes de l’au-delà, a très vite rencontré le succès. « Il est extraordinaire de constater la popularité immédiate de La Divine Comédie : dès la mort de Dante et jusqu’aux célèbres illustrations de Sandro Botticelli, à partir de 1480, on dénombre plusieurs centaines de manuscrits, parfois enluminés, se référant à l’œuvre », relève Antonella Braida, maîtresse de conférences en études anglophones à l’université de Lorraine, qui anime justement un colloque international intitulé « La mondialisation de Dante », début octobre, à Nancy.

« Prophète d’espérance »

Si Sandro Botticelli ou Gustave Doré, au XIXe siècle, ont produit parmi les plus célèbres illustrations de l’œuvre, on ne compte plus les artistes qui ont été inspirés par Dante et sa Comédie – qui ne prendra l’épithète « divine » qu’en 1555. Parmi les plus célèbres, le romantique anglais William Blake, le sculpteur Auguste Rodin, Gérard Garouste ou encore Salvador Dali. « Cette œuvre a une capacité hors du commun à susciter de l’image et de la représentation, ce qui s’explique notamment par le fait que Dante est l’un des premiers à créer du paysage dans la littérature occidentale », souligne Philippe Guérin.

Ce professeur émérite de langue, littérature et culture du Moyen Age italien à l’université de La Sorbonne-Nouvelle coordonne d’ailleurs le projet Dante, d’hier à aujourd’hui en France, qui constitue la première recherche globale sur la réception hexagonale du poète.

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