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Comment les attentats ont relancé le dialogue interreligieux


Le contexte terroriste qui sévit en France depuis près de dix ans semble avoir renforcé l’envie de dialogue interreligieux sur le terrain. Même s’il reste le fait d’une minorité de croyants.

Par Benjamin Sèze
Publié le 04 février 2021 à 06h00
Temps deLecture 7 min.
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Le prêtre de Bagnolet Patrick Morvan et le recteur de la mosquée de Bagnolet, Mohamed Rakkaby, après une messe rassemblant des catholiques et des musulmans en l’église Saint-Leu – Saint-Gilles de Bagnolet, juillet 2016, en mémoire du père Jacques Hamel.
Le prêtre de Bagnolet Patrick Morvan et le recteur de la mosquée de Bagnolet, Mohamed Rakkaby, après une messe rassemblant des catholiques et des musulmans en l’église Saint-Leu – Saint-Gilles de Bagnolet, juillet 2016, en mémoire du père Jacques Hamel. THOMAS SAMSON / AFP
Lorsqu’il a rassemblé, fin octobre, une délégation de musulmans pour se rendre à l’église Saint-Louis de Marcq-en-Barœul, dans le Nord, Saïd El Boundati a préféré limiter à dix le nombre de participants. Il craignait qu’au-delà les fidèles catholiques se sentent envahis et que « ce geste de fraternité devienne contre-productif », confie-t-il. Organisée avec un membre de l’équipe paroissiale, cette rencontre a été un moment empreint de « beaucoup d’émotion », assure ce jeune musulman de 37 ans, « l’occasion d’échanges sincères ».

A Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, à Hérouville, dans le Calvados, à Lodève, dans l’Hérault, au Mans, à Blois, Saint-Etienne ou Toulouse… Un peu partout en France, des musulmans se sont rendus à la messe de la Toussaint pour manifester leur soutien après l’attentat commis le 29 octobre à la basilique Notre-Dame de Nice.


A Créteil, dans le Val-de-Marne, Yves Brisciano, diacre et délégué diocésain aux relations avec les musulmans, raconte avoir reçu « beaucoup de témoignages de solidarité dans la peine et d’émotion partagée ». Plus que d’habitude, précise-t-il. Il souligne aussi la spontanéité avec laquelle des fidèles musulmans se sont rendus dans les églises, « sans qu’il y ait eu d’appel national de la part de responsables du culte musulman, comme cela avait été le cas après l’assassinat du père Jacques Hamel, en 2016 ». Dans plusieurs paroisses, des démarches similaires ont eu lieu pour la messe de Noël.

Pas de repli
Yacine Hilmi, 36 ans, président de l’institut Hozes – qui forme notamment les imams à l’apprentissage du français –, ne perçoit pas dans ces initiatives une volonté de prendre le contre-pied des discours politiques et médiatiques amalgamant terrorisme et islam. Il pense plutôt que « de façon naturelle, de plus en plus de citoyens musulmans ont envie de manifester leur solidarité et leur émotion ».

Réciproquement, chez les catholiques, et plus largement chez les chrétiens, l’attentat de la basilique de Nice ne semble pas avoir généré de repli particulier. Yves Brisciano n’a pas eu écho de tensions au sein de son diocèse. Lui-même n’a pas reçu plus de messages malveillants que les habituelles lettres d’insultes de la part de coreligionnaires qui lui reprochent de se compromettre. Un fait extrêmement marginal, tient-il à souligner, et qui relève plus d’un rejet structurel de l’islam que d’une réaction aux attaques terroristes.

Le diacre n’élude pas les réactions de peur et de colère que peuvent provoquer les attentats « chez les catholiques comme dans le reste de la société », mais il observe parmi les paroissiens de son diocèse « moins d’assimilations, comme en 2015, du terrorisme à la foi des musulmans ».

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