La Croix : Au printemps, le confinement a vidé Jérusalem de ses visiteurs. Vous, les franciscains de la Custodie de Terre Sainte, qui avez la garde des lieux saints, êtes restés sur place. À quoi ressemblait votre quotidien ?

Frère Stéphane Milovitch : Cela a resserré nos liens fraternels, nous avions plus de temps pour la prière, le ressourcement et la vie communautaire. Jusqu’au confinement, c’était presque l’extrême inverse : il y avait beaucoup, beaucoup de pèlerins à Jérusalem. Puis, en mars, tous les groupes ont quitté la Terre Sainte et depuis, plus personne d’extérieur – à de rares exceptions près – n’a pu entrer dans le pays.

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Pendant le confinement, les sanctuaires étaient doublement vides : pas de pèlerins étrangers ni de chrétiens locaux. Nous étions seuls, avec les autres congrégations ayant la garde de ces lieux. Mais à l’échelle de notre présence en Terre Sainte, ce n’était pas nouveau : de 1308 jusque vers 1890, avant le début des pèlerinages, les frères ont prié au Saint-Sépulcre sans fidèles !