Nous sommes fin mai 2001, en Ukraine, quelques semaines avant le voyage de Jean-Paul II sur cette terre orthodoxe et ex-soviétique. À la tête d’un petit groupe de journalistes français, Henri Tincq nous emmène de monastères en cathédrales, de séminaires en universités, à la découverte des subtilités du christianisme ukrainien.

Inlassablement, il titille nos interlocuteurs par ses questions, nous éclaire de ses explications, nous fait rire par ses anecdotes, nous exaspère aussi, parfois, par ses susceptibilités. Car tel était Henri Tincq, emporté dimanche soir 29 mars à l’âge de 74 ans par le coronavirus : un journaliste précis et à la plume alerte, aussi agaçant que bon camarade.

Racines ch’tis

C’est à La Croix que cet enfant du bassin minier, né le 2 novembre 1945 à Fouquières-lez-Lens (Pas-de-Calais), avait fait ses premières armes dans la presse nationale. Licencié en lettres modernes, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École de journalisme