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Télévision : le pape encourage les programmes sur les réalités régionales (traduction complète)

 

Mettre en valeur « les réalités et les cultures locales »

septembre 16, 2019 17:56Hélène GinabatPape François

Les journaux télévisés régionaux jouent un rôle important « dans la valorisation des réalités et des cultures locales, sans lesquelles même l’unité de la nation n’existerait pas », a déclaré le pape François.

Le pape François a reçu en audience la délégation du journal télévisé régional de la RAI (Radio-télévision italienne d’Etat, ndr) ce lundi 16 septembre 2019, dans la Salle des Papes du Vatican. « Il y a une mer remplie de bien qui mérite d’être connue », a-t-il affirmé.

Le pape a rappelé aux journalistes leur mission : « s’immerger dans la réalité quotidienne, locale, faite de personnes, d’histoires, de projets, de problèmes et d’espérances » afin de « transmettre à un horizon plus large toutes ces valeurs qui appartiennent à la vie et à l’histoire des gens ; et en même temps, donner la parole aux pauvretés, aux défis, parfois aux urgences que l’on rencontre sur les territoires, en parcourant les routes, en rencontrant les familles, sur les lieux de travail. Mais aussi donner la parole aux lieux et aux témoignages de foi ».

Il a encouragé les journalistes à « continuer de raconter et de faire connaître ces réalités authentiques qui se trouvent dans bien des coins d’Italie : des réalités qui ne se rendent pas devant l’indifférence, qui ne se taisent pas devant les injustices et qui ne suivent pas les modes ».

Voici notre traduction du discours que le pape a prononcé, en italienla «valorisation des réalités locales».

HG

Discours prononcé par le pape François

Chers frères et soeurs,

Je vous souhaite la bienvenue et je salue le président de la RAI, l’administrateur délégué et le directeur du journal télévisé régional (TGR), que je remercie pour les aimables paroles qu’il m’a adressées au nom des personnes présentes et de tout le personnel de cette grande communauté de travail. Je voudrais commencer là où il a terminé : enfant de l’Oratoire. J’ai trouvé en Italie, lorsque je suis arrivé, trois réalités que je n’avais pas trouvées aussi fortes ailleurs : l’ ‘Oratorio’ (centre paroissial pour les jeunes, ndr), le volontariat et le coopérativisme. Ce sont trois réalités qui vous honorent, vous et votre société. L’ ‘Oratorio’ est très fort en Italie. Et j’ai aimé que vous le rappeliez. Merci.

Je suis heureux de vous rencontrer à l’occasion des quarante premières années du TGR, pour le service que vous proposez, en particulier grâce à vos rédactions locales, avec un grand engagement du personnel journalistique et technique et une offre qui n’oublie pas les langues et les cultures des minorités.

Comme j’ai pu le dire à diverses occasions, il existe une mondialisation nocive et une bonne mondialisation ; la mondialisation n’est pas en soi mauvaise ; au contraire, la tendance à la mondialisation est bonne, parce qu’elle nous unit, elle peut nous aider à être membres les uns des autres. Ce qui peut être nocif, c’est la manière de la mettre en oeuvre. En effet, si la mondialisation prétend rendre tout le monde uniforme, elle mortifie la richesse et la particularité de chaque peuple, elle tend à uniformiser tout et tout le monde, plutôt qu’à valoriser les diversités, les particularités, les cultures, les histoires et les traditions. En revanche, si une mondialisation cherche à unir tout le monde en respectant les personnes, les groupes sociaux et les peuples dans leurs richesses et leurs particularités, alors cette mondialisation est bonne, parce qu’elle nous fait grandir ensemble. Pour donner un exemple de cette idée, on peut employer l’image de la sphère et du polyèdre : dans la sphère, tout est égal, chaque point est équidistant du centre, tout est uniforme, il n’y a pas de différences ; en revanche, dans le polyèdre il y a une cohérence, une unité, mais il y a aussi une diversité, une diversité de positions, de cultures, d’identités. La mondialisation du polyèdre est celle qui nous unit, en respectant les diversités. Et c’est là, la route.

Selon ce modèle du polyèdre, nous pouvons représenter le service offert par le Journal télévisé régional de la RAI. En effet, par sa nature, il est appelé à prêter sa voix à la variété des régions italiennes, notamment grâce aux journaux télévisés régionaux. Cette information régionale est celle qui vient du territoire, avec une mission bien précise, qui s’explique selon deux directions. La première consiste à s’immerger dans la réalité quotidienne, locale, faite de personnes, d’histoires, de projets, de problèmes et d’espérances. La seconde consiste à saisir la même réalité, pour pouvoir transmettre à un horizon plus large toutes ces valeurs qui appartiennent à la vie et à l’histoire des gens ; et en même temps, donner la parole aux pauvretés, aux défis, parfois aux urgences que l’on rencontre sur les territoires, en parcourant les routes, en rencontrant les familles, sur les lieux de travail. Mais aussi donner la parole aux lieux et aux témoignages de foi.

C’est pourquoi je suis convaincu que l’information locale ne doit pas être considérée comme « mineure » par rapport à l’information nationale. Au contraire, je dirais que c’est la plus spontanée et la plus authentique du monde des mass-médias, dans la mesure où elle ne satisfait pas aux exigences de profit ou de messages à communiquer, mais elle est appelée à transmettre uniquement la voix des personnes, dans tous ses aspects et dans les différents moments de la vie sociale, culturelle et spirituelle, et elle a une tâche tout aussi importante dans la valorisation des réalités et des cultures locales, sans lesquelles même l’unité de la nation n’existerait pas.

Dans cette optique, je désire remercier particulièrement tous les journalistes qui travaillent dans les journaux régionaux, pour leur engagement à vouloir être sur le territoire, j’oserais dire en partageant la réalité qu’ils veulent raconter, ces nouvelles que la grande information ne peut nous transmettre, souvent en raison d’exigences éditoriales.

Dans sa longue histoire, la RAI a toujours apporté une contribution importante pour aider le peuple italien à se sentir tel, avec sa langue et sa culture. Et à notre époque plus que jamais, nous percevons la nécessité d’avoir des nouvelles communiquées de manière exhaustive, avec un langage posé, afin de favoriser la réflexion : des mots bien pondérés et clairs, qui évitent les tons agressifs et méprisants. Des mots, comme vous l’avez dit, en vérité, en bonté et en beauté.

C’est pourquoi je vous encourage à continuer de raconter et de faire connaître ces réalités authentiques qui se trouvent dans bien des coins d’Italie : des réalités qui ne se rendent pas devant l’indifférence, qui ne se taisent pas devant les injustices et qui ne suivent pas les modes. Il y a une mer remplie de bien qui mérite d’être connue. Que le Seigneur vous soutienne dans ce travail. Je vous bénis moi aussi et vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi, parce que ce travail n’est pas facile. Merci.